FESTIVAL MOTOROLA (INROCKS)?... L'Olympia - 6 Novembre 2007

Publié le par tangi

Pour les amateurs du genre, la soirée s’annonçait idéale. Peut être trop idéale…Certes les prestations de Beirut,  Devendra Banhart, Andrew Bird, Loney Dear et Remi Nicole auront enthousiasmé le public de l’Olympia, mais la soirée fut en de (trop) nombreux points décevante. Loin en tout cas de la version idéalisée.

Car dans le Festival des Inrocks Motorola, cohabitent trois termes : Festival, Inrocks et Motorola et tout cela, pour le meilleur et pour le pire…

Un festival à l’Olympia. Pourquoi pas si ce n’est l’espace confiné, enfumé et ce malgré les « chargés d’extinction » qui dans un silence manifestant leur dépit, auront tendu toute la soirée un gobelet-cendrier aux fumeurs défiant l’interdiction.  Pourquoi pas si ce n’est l’inconfort, car rester debout pendant cinq heures fatigue même les plus entraînés. Et pourquoi pas, enfin, si ce n’est que l’Olympia n’est pas le Parc de St Cloud et que les voix qui en plein air,  s’effacent, s’accumulent ici pour imposer un brouhaha dénaturant toutes émotions. Et c’est là qu’entre en scène, le deuxième mot : Motorola. Le fabriquant de téléphone. L’outil précieux de l’instantané, de l’immédiateté, du contact… Pratique certes mais tristement  révélateur des travers de notre société et des comportements qu’elle engendre. Impudique. Irrespectueux parce qu’égocentrique… C’est ainsi que dans un silence de Beirut ou d’Andrew Bird - silence qui n’en est pas un - on entendra divers décrocheurs (au sens propre et figuré) décrocher comme ils savent si bien le faire, c'est-à-dire grossièrement. Peut être parce qu’ils sont debout. Peut être parce qu’ils boivent une bière avant de jeter leur gobelet sur les pieds de leur voisin. Peut être parce qu’ils s’en foutent. De qui chante et de ce qui se chante sur scène. Le problème est qu’ils sont là. Que la scène n’est pas une plage de CD. Que quand on aime, on écoute, on respecte.  Et tout cela est dommage car le troisième mot est Inrocks. Les Inrocks. L’entité, les découvreurs de talents, comme un pote toujours au courant et qui donne envie.

Confiance trahie sur la forme. Pas le fond. Malgré quelques déceptions : Remi Nicole en radio crochet, Loney Dear et son folk « vintage » un peu trop consciencieux, la soirée aura offert quelques beaux et grands moments : Beirut, tant (in)attendu, insufflera  lyrisme et mélancolie, comme si l’on avait dit adieu au Titanic pendant une heure, puis ce sera au tour, de chant, de l’oiseau Bird, de moins en moins sifflant, de plus en plus rock, mais brillant toujours par son originalité et son atypisme. Et enfin, vêtu de noir de la tête aux pieds, Devendra Banhart, qui, en messie excentrique, réveillera le public avec ses hymnes réjouissants. Mais c’est déjà fini. Trop tard pour la transe. Le métro n’attend pas. Le public non plus. Et puis, pourquoi un rappel ? Les CD ne font pas de rappel après tout…

 

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Publié dans Musiques

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