Mon Pays - Faudel. Propagande d’Etat ou flamme patriote ?

Publié le par tangi

260155-copie-1.jpgOn se souvient du petit prince du raï, de l’adolescent souriant, de ses chansons, aux accents d’une Algérie qui a vu naître ses parents. On se souvient. Car l’adolescent n’est plus. L’enfant est devenu adulte, le fruit a mûri. Peut être trop loin du soleil ?...
Mai 2007, sur la scène du champ de Mars, dans les bras du nouveau président de la république : Monsieur Sarkozy, le petit prince exulte. La victoire. Sa victoire. La leur. Pour Faudel, quel plus grand symbole que d’être ici ? Quelle plus grande réussite ? En a-t-il conscience ou est-ce par pure sympathie, lui, le fils d’immigré devenu l’ami proche d’un président courtisé, devenu un symbole d’intégration, une illustration politique, un instrument pourrait-on voir aussi.Quelques jours plus tard, sur les ondes d’une radio, résonne les mots d’une chanson pop, banalement pop : Mon Pays, interprétée par Faudel. Mélodie douce pour un refrain « je n’oublierais jamais mon pays ». Sans doute cette chanson nostalgique, véritable déclaration d’amour évoque-t-elle l’Algérie ? Préjugé ! Car Faudel, né à Mantes la Jolie, déclare sa flamme à son pays : la France, cette France qui lui « a tendu la main ». Quel mal a cela ? Aimer son pays n’a en soi rien de choquant ni de méprisable. Pourtant, cette chanson, dans ce contexte, fait résonner quelque chose de pathétique. Peut-être est ce parce qu’il est question, à travers ces symboles emmêlés, d’originalité perdue, de différence digérée, de personnalité assimilée. De norme. De formatage en un mot. Non pas que le chanteur, sous prétexte d’avoir des origines algériennes, devrait se cantonner à une musique à consonances arabes, non, car Faudel a toujours nourri sa musique de diverses influences (et c’est une richesse), mais artistiquement et c’est souvent le reflet de l’âme, il a, semble-t-il, perdu quelque chose. Sa différence. En route. De l’Algérie de sa grand-mère à la scène du champ de Mars, une couleur s’est effacée sur le chemin de celui qu’on ne saurait surnommer aujourd’hui, le petit prince du raï...

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Publié dans Musiques

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