LE CONFESSIONNAL
Pourquoi je n'achèterai pas et pourquoi je ne conseille à personne d'acheter La tentation d'une île de Philippe Bartherotte.
Encore un livre-produit dérivé, sur une télé réalité depuis toujours à la dérive. On connaissait les anciens participants qui, le plus souvent pour honorer leur contrat, livraient leur témoignage pour les uns, ou leur biographie pour les autres, à travers des livres confessions.
Il faudra maintenant compter avec les ex casteurs, entendez bien, les piégeurs, les recruteurs, les dénicheurs de potentiel, de talent – il va être fameux celui là– . Mais pour eux c'est sans compter le soutien de la production qui voit sa boite de pandore mise à jour. Bien que personne n'était dupe finalement.
L'auteur y raconte les coulisses, les mécanismes de l'infantilisation, du conditionnement, de la manipulation. Mais, sous couvert de repenti, sous prétexte de dénonciation.
J'ai mangé ta soupe pendant sept ans maintenant je te le dis elle était dégueulasse.
Mieux vaut tard que jamais?
Entendre cet intermittent du spectacle raconter ses six mois de travail sous coke au soleil, parler de ses revenus (indécents si on compte en plus les Assedic) dont il aurait joui au Brésil (les autres six mois de l'année) a de quoi débecqueter. Quand on pense aux vrais artistes et artisans du métier qui eux, peinent à conclure leur intermittence, tentant d' insuffler un peu de (vraie) magie (noire ou blanche) dans le vie de leur concitoyen, on se dit vraiment que Philippe Bartherotte est de ces êtres cyniques qui, sous couverts que les autres le font, s'en donnent à cœur joie eux aussi. Quel moral! Quelle éthique! A inscrire dès aujourd'hui dans la lignée de celles des Erwann Menthéour et autres « je m'en suis foutu plein les poches mais je m'en suis sorti » ou encore des Eric Besson, à la différence que ce dernier lui, préfère cracher dans la soupe avant de la boire.
Soit disant représentatif de sa génération: faible, paumée et individualiste, l'auteur se pose presque en victime, car il est vrai, il est plus facile de céder à la tentation que d'y résister, et oui.
Conscient d'avoir contribué, à travers la télé réalité, à « briser des vies » (entendu au grand journal de canal +), l'ex employé des abattoirs Endemol se repent, pauvre pêcheur. Et le pardon me direz vous? Il est plus facile de pardonner à quelqu'un qui ne savait pas et qui a ouvert les yeux, qu'à quelqu'un qui le savait et qui préférait les garder fermés.
Et enfin il pousse le mercantilisme jusqu'au bout, puisqu'au lieu d'une série d'interview, ou la création d'un site internet ou d'un blog (ouvert à tous et gratuit à la consultation) pour dénoncer tout çà, l'auteur s'improvise auteur et publie un livre, histoire peut être de renflouer des caisse vides . Bah oui, quand on prend goût à l'argent..
Derrière l'auteur qui assume totalement son livre et sa démarche, n'oublions pas pour autant les vrais commanditaires de ces exécutions en place publique que sont ces émissions de télé réalité: TF1 et M6.