TINDERSTICKS/ FOLIES BERGERES VS KYLIE MINOGUE/BERCY
D’un côté, le réel qui se suffit à lui-même : Tindersticks aux folies Bergères pour un concert événement après dix ans d’absence. Ambiance feutrée, drapée de velours, à l’image de la voix de Stuart Staples, le chanteur charismatique. Malgré un début de concert difficile, la magie prend et opère après quelques morceaux. Sur une scène dépouillée où cohabitent cordes cuivres piano et guitares basses batterie, quelques projecteurs alternent les teintes de couleurs élégamment posés sur les longs rideaux noirs habillant le fond de scène.
Si Tindersticks n’a pas vraiment évolué, il n’a pas non plus vieilli. Même élégance, même beauté même sobriété dans les arrangements accompagnant la voix sombre et suave de Stuart Staples. Absorbé, l’auditoire se laisser envahir par l’atmosphère vaporeuse, presque intemporelle.On pense qualité et pas quantité. On regarde, on écoute, ce réel, ces artistes qui nous offrent leur art tel qu’il est. Sans habillage ni maquillage. Authentique.
De l’autre côté, Kylie Minogue à Bercy. Comme une poupée Barbie sous la Tour Eiffel ou l’art de la démesure. Autre musique : dance assumée, autre salle : Bercy comme un ventre énorme peuplé d’une dizaine de milliers de fans dansant chantant, et pour certains, photographiant et filmant tout autant qu’ils regardent ; une petite poupée blonde et sexy offrant sa plastique au milieu d’une grande scène ou les musiciens tassés sur les côtés, jouent les figurants. Que voit –on ? Kylie Minogue ? Ou son image une fois de plus. Ce réel transfiguré, visible sur téléphone justement, sur Internet, ou à la télé, dans ces clips diffusés ce soir encore, sur des écrans géants qui habillent le fond de scène. L’image en soutien du réel comme si le réel ne suffisait pas. La magie visuelle peut être. Pas sonore en tout cas.
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