SEXUALITY - SEBASTIEN TELLIER
Plébiscité comme rarement par la critique, Sexuality, le dernier album de Sébastien Tellier, s’apparente au premier abord à un album de chansons parfaitement inoffensives, presque anodines. Peut être trop pour ne rien cacher…
Du yéyé electro de Divine au mélancolique et puissant L’amour et la violence, en passant par l’envolée lyrique de Sexual Sportswear, ou encore le minimalisme kitch de Kilometer, Tellier offre avec aisance et légèreté un album hybride, entre chanson française et French Touch. Dans ce style à la française justement : hédoniste, légèrement intello, légèrement décalé. Car Sébastien Tellier est un personnage singulier, à la fois discret et théâtral, cultivant son image (de Christ VIP) tout comme son univers : brumeux, langoureux, spatial, sexuel.
Musicalement, on imagine… Kravitz sous morphine, ou la BO d’un Carpenter, mais tourné dans le seizième parisien, ou le Double Fantasy de John Lennon, mais avec Air pour musiciens, ou encore Interstella 5555, le film animé des Daft Punk , mais en version porno. Les Daft Punk dont on ne peut dissocier Sexuality. Guy-Manuel de Homem-Christo (la moitié) l’ayant produit, l’esprit - vaporeux- du duo, y habite…
Elu nouveau Gainsbourg par certains, le dandy s’inscrit, il est vrai, dans le sillage de ces chanteurs charismatiques parce que libres. Libérés parce qu’assumés, décomplexés et en cela, capables d’improbable donc de nouveau.
Inclassable donc, Sébastien Tellier. A l’image de son Sexuality qui vous percera ou vous effleurera. Mais qui, en tout cas, aura le mérite de vous parler de sexe, de chaleur et de caresse en été, à l’heure où d’autres préoccupations, plus sombres, résonnent...
www.myspace.com/sebastientellier